Quelques notes et ton visage m'apparait, je me rappelle très bien, de ces moments, à tes côtés, les seuls où j'étais tout simplement bien.
On ne commande pas le bonheur, ni l'exaltation qu'il procure.
Je me suis tellement cru heureux avec toi, qu'en t'entendant rire, chérir, apprécier un autre,
je n'ai pu que me sentir d'une banalité inexplicable. Des mots que tu ne m'adresses, des sourires que je te vole.
Voilà la vraie tristesse, se croire rêver alors que derrière ce paysage idyllique, des lueurs grises, noires et même peut être rouges se cachent.
Si un soir tu m'emmènes au travers des bâtiments anciens de ce paysage scolaire dans la salle où les grimoires illuminent les murs,
où l'odeur du vieux parquet nous monte à la tête,
je t'écouterais, jusqu'au bout, jouer de tes plus belles compositions.
Je ne te dirais pas que c'est beau, car tu le sais déjà,
mais je m'efforcerais de poser mes mains sur tes hanches et de rapprocher mon corps du tien pour coller mes cheveux à ta joue.
Du coin de l'½il, tu me regarderas te dire, non pas que je t'aime, mais que je suis bien dans ce cadre où l'amour ne fait que nous attendre.
Tes mains abandonneront le piano pour se joindre aux miennes. Si tes yeux doivent fixer les miens, mes lèvres devront s'accoler aux tiennes.
A cette inconnue qui ne m'est pas encore apparue..


